Comment atteindre un idéal

Cherchez-vous à vous perfectionner de quelconque manière – être plus patient, moins anxieux ou plus généreux, faire de l’exercice ou manger mieux – et si oui, comment vous-y prenez-vous?

Si vous êtes comme la plupart des gens, vous déployez quelques initiatives aléatoires et plus ou moins soutenues et vous repoussez le gros de vos efforts à plus tard. Vous croyez pouvoir entreprendre le vrai perfectionnement lorsque votre situation de vie s’y prêtera mieux. Plus tard.

On aime tous s’imaginer – et moi la première – que l’on pourrait progresser plus vite si seulement l’on était moins occupés. Ce serait merveilleux de vivre entourés de gens sans défauts – ou avec si peu – avec qui on s’entend bien en toutes circonstances. Tout irait tellement mieux si l’on pouvait méditer dans un endroit paisible. À l’abri du stress et des responsabilités, nous pourrions assurément accueillir la vie quotidienne avec la perfection d’un maître!

Croit-on sincèrement trouver un jour cet endroit sans encombres? Bien sûr qu’on se raconte des histoires! On persiste tout de même à rêver à notre havre de paix imaginaire.

Lorsque des tensions éclatent avec la douce moitié, la famille, les amis ou les collègues, ou encore lorsqu’on se sent misérables pour une raison quelconque comme la maladie et les soucis de tous ordres qui se manifestent dans nos vies, le mental renforce l’intensité de ses constructions imaginaires.

L’activité mentale nous projette dans un autre lieu géographique – une autre ville, un ashram ou, pourquoi pas, une grotte dans les Himalayas – ou encore dans une période de temps autre que celle dans laquelle nous nous trouvons. Elle nous fait miroiter les circonstances qui rendraient possible notre vie toujours heureuse et paisible. Nous pensons:

« Tout était tellement mieux avant. »

« Tout est tellement mieux là-bas. »

« Tout ira tellement mieux plus tard. »

« Ce sera le bonheur quand j’aurai trouvé un-e conjoint-e (emploi, voiture ou objet quelconque); quand je serai libéré-e de celui ou celle que j’ai, ou quand j’en aurai trouvé un-e autre bien mieux. »

« La vie sera merveilleuse à telle étape de ma vie. »

Lorsque nous nous voyons ainsi projetés par notre propre imagination nous atteignons des lieux distants et distincts de notre situation actuelle.

Le texte sacré Yoga Vaashistha nous enseigne qu’il n’y a pas de pouvoir plus puissant que la bonne action dans le moment présent. Mais en étant ailleurs, nous manquons en présence pour saisir les occasions, si grandissimes ou si minimes soient-elles, qui se trouvent à notre portée en ce moment.

Il n’y a pas de pouvoir plus puissant que la bonne action dans le moment présent.

— Yoga Vaashistha

Nous ne pouvons éprouver que de la frustration vis-à-vis de l’écart qui nous sépare de notre rêve imaginaire. Car il s’agit bien, dans la vaste majorité des cas, d’un grand mirage.

Il arrive que nous croyons vouloir certaines choses mais que nous agissions, en réalité, pour en obtenir d’autres.

Une personne qui, en se comparant à son entourage, s’attristerait jour après jour de ne pas posséder de maison, mais qui dans le même temps dépenserait ses revenus en lointains voyages, voitures de luxe, vêtements griffés et soirées huppées, souffrirait du fait que son action n’est pas harmonisée avec son idéal. Celui-ci devient hors de portée.

Notre idéal est imaginaire tant qu’il n’est pas soutenu par l’action. Et on s’évite des souffrances inutiles en harmonisant pensée et action.

Quel est notre idéal véritable, c’est-à-dire ce à quoi nous accordons le plus de place dans notre vie, dans les faits, et par rapport à tout autre chose? Agissons-nous toujours en harmonie avec cet idéal?

Atteindre un idéal exige l’étreinte de notre situation actuelle et non pas des conditions parfaites.

Revenons maintenant à notre havre de paix avec les circonstances parfaites. Souffre-t-on de ne pas pouvoir se consacrer autant que souhaité à notre idéal, dans les circonstances présentes? Est-il possible qu’en réalité, l’exercice des choix qui s’offrent à nous oriente nos actions dans une direction autre?

On a peut-être un petit ménage à faire ici.

Toute démarche vers un idéal – que ce soit celui de devenir un astronaute ou un saint – n’exige pas des conditions parfaites. La poursuite d’un idéal requiert l’étreinte des conditions actuelles. Bonnes ou mauvaises.

Ainsi, les problèmes d’ordre financier, social ou médical ou le manque de temps, notamment, n’empêchent pas – ni ne nuisent – au chemin vers l’idéal. Pas plus d’ailleurs que nos défauts même les plus vilains, nos erreurs passées ou  le manque d’auto-discipline.

Au contraire, ce sont les matériaux que nous trouvons là, à notre portée, pour progresser!

Alors comment atteindre un idéal? En harmonisant pensée et action et en saisissant les contraintes et les épreuves comme des occasions plutôt que comme des obstacles. Le meilleur endroit pour agir, c’est ici. Et le meilleur moment, c’est maintenant.

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